LE SANGLIER

               

(Sus scrofa)

       

  DESCRIPTION

 

Le sanglier est l'ancêtre du porc. Sa hauteur au garrot peut atteindre un mètre.

Sanglier
Sus scrofa
Classe des Mammifères
Ordre des Artiodactyles
Famille des Suidés

 

Le mot Sanglier provient étymologiquement du latin "Singularis porcus" signifiant : "Porc qui vit seul"

Animal singulier certes, mais pas si solitaire qu'on peut le croire.

L'orthographe varie au cours du temps. Au XII° siècle, on écrivait "SENGLER", mais au XIV° siècle Gaston III de Foix, dit Gaston Phébus se rapprochait déjà de la forme actuelle : "SENGLIER". L'orthographe moderne semble fixée dés le XVI°siècle.

En biologie, le terme latin pour désigner l'espèce est le "Sus scrofa" Linné 1778.

Longévité maximale : 15 ans
Espèce Grégaire (vie en groupe)
Il est omnivore
Cris : le sanglier grommelle ou nasille
Couinements du marcassin, grognement,souffle d'alerte, claquement des machoires.

Cariotype:

 Sanglier d'Europe : 36 chromosomes
 Cochonglier :           37 chromosomes
Porc domestique : 38 chromosomes 

Le sanglier possède un corps trapu et une tête volumineuse.


Cette tête est prolongée d'un groin très allongé que l'on appelle boutoir, et de deux grandes oreilles mobiles. Il est armé de canines hyper-développées : celles du haut s'appellent les grès, celles du bas les défenses. Ces défenses poussent tout au long de la vie du sanglier, c'est ainsi que l'on trouve les plus beaux trophées sur les mâles les plus âgés. Lorsqu'il ouvre et ferme sa gueule, les défenses viennent s'aiguiser sur les grès ; elles sont de cette manière acérées en permanence.

Il possède une queue moyennement longue (25 à 30 cm) qui se termine par un long pinceau de soies(le toupet). Généralement, elle est portée pendante quand l'animal est calme ; à l'inverse, si il est inquiet ou en colère, elle est bien dressée.

La couleur du pelage peut être rousse, noire ou dans des nuances de gris, ces différences de couleur sont dues à l'âge, et aussi aux différentes souches auxquelles le sanglier peut appartenir.

Son poids peut atteindre assez fréquemment 150 à 160 kg, en ce qui concerne les vieux mâles.

Les femelles peuvent atteindre 100 kg. Il est évident que le poids dépend de leur milieu de vie. En effet le sanglier vivant dans une région où l'on cultive le maïs de façon intensive va grossir plus vite et davantage que le sanglier de montagne.

En un mot, cet animal se caractérise par sa puissance et sa force, et ce ne sont pas là les seules qualités qu'il possède...

HABITAT

Le sanglier a besoin de quiétude, de nourriture en quantité suffisante et d'eau.

     

          

             


Photo de Romain V

Domaine vital:

Femelles et jeunes : 500 à 2000 ha
Mâles adultes : 1500 à 10 000 ha
Un sanglier peut parcourir 30 à 40 kms dans un nuit mais ce n'est pas un migrateur.

Il demeure essentiellement dans nos bois et nos forêts. Cependant, il peut diversifier son habitat, et s'adapter à de nombreux biotopes, s'il dispose d'une nourriture suffisante, de la proximité d'un point d'eau. L'élément qui lui est le plus nécessaire est le calme et la tranquillité.

On le rencontre surtout dans les grandes forêts de feuillus en taillis sous futaie, parsemés de coupes récentes qui lui donnent un couvert dense (apparition de plantes ligneuses épaisses).
Les remises où on peut le trouver sont généralement situées dans de grands fourrés de ronces proprement impénétrables. Ceci dit, on peut aussi le rencontrer tout simplement couché au pied d'un gros chêne dans des fougères assez clairsemées !

Il fréquente aussi volontiers les roselières épaisses d'une queue d'étang où il se sent en sécurité. Dans le sud-est de la France et en corse, son habitat naturel est souvent la garrigue bien dense.

Au moment ou les blés et le maïs arrivent à maturation, il n'hésite pas à élire domicile dans des champs de dimensions assez importantes où il trouve alors une alimentation abondante, de la fraîcheur en été et en automne, et suffisamment d'eau pour boire et se souiller dans la boue (irrigation). Il est présent aussi en moyenne montagne, qu'il déserte quasiment au moments le plus froids de l'hiver, préférant à ce moment-là se replier en plaine aux abords des reliefs.

Pour terminer, je dirais qu'on peut rencontrer le sanglier dans toutes les régions de France, toutefois avec des densités bien différentes
.

Elevages, lâchers et pollution génétique

  Le monde de la chasse a  favorisé des élevages, voire des croisements avec des cochons domestiques, les deux espèces pouvant être croisées. Le sanglier possède  38 chromosomes, le cochon domestique 36 et l'hybride 37. Des hybrides présentant les caractères phénotypiques du sanglier ont été relâchés, ce qui a contribué à relancer les populations, mais en les  polluant.    Une autre voie a été la mise en place d'une régulation de la chasse. Les sangliers ont bénéficié aussi de conditions environnementales. Ils ont profité du développement de certaines cultures, en particulier celle du maïs, mais aussi d'un déclin relatif de la chasse. Ils ont apprécié la multiplication des zones refuges. «  Le sanglier sait où il peut se protéger » explique Yves Bray, responsable du Service département de l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage pour le Rhône.

MODE DE VIE

Il effectue des déplacements importants dans les forêts denses, les landes, les marécages et jusque dans les montagnes.

Les sangliers sont essentiellement actifs la nuit. Leur journée se passe dans des bauges, sortes d'excavations creusées dans le sol et situées dans la végétation dense, sous un arbre arraché ou dans un fourré. Plusieurs animaux peuvent y dormir ensemble ou à proximité l'un de l'autre.

Les sangliers vivent en troupes composées d'une femelle adulte et des jeunes issus des deux portées précédentes. Plusieurs troupes peuvent se réunir pendant des périodes plus ou moins longues. Les mâles adultes sont solitaires, mais les sub-adultes appelés "ragots" se regroupent en petites bandes de quelques individus.

La structure sociale du sanglier est de type matriarcal.

La compagnie, cellule de base, est constituée de plusieurs laies suitées. Ces laies sont au nombre de trois à quatre ; la laie la plus âgée qui est la plus prudente et la plus expérimentée, impose sa loi, mène la harde et dirige les déplacements du groupe, jeunes mâles compris. Son rôle social, très important, lui vaut la dénomination de « laie meneuse ».

Si d'aventure elle est abattue, toute l'organisation sociale est ébranlée. La compagnie sera désorganisée jusqu'au moment où une autre laie affirmera sa domination sur les autres.

Les jeunes sangliers des deux sexes, passé un an sont appelés « bêtes de compagnie », car leur instinct les pousse à tout faire ensemble : ils mangent, se déplacent, et se reposent ensemble, allant jusqu'à se serrer les uns contre les autres pendant leur sommeil. Ce besoin s'estompe avec l'âge et, d'année en année, l'indépendance des mâles s'affirme.

C'est ainsi que les mâles adultes, vivant le plus clair de leur temps en solitaires ne fréquentent la harde qu'au moment du rut.
A ce moment-là, les mâles de 12 à 18 mois sont évincés sans ménagement par le solitaire qui veut s'assurer la saillie des femelles du groupe.

Ces jeunes sangliers forment alors de petits groupes instables sans organisation sociale précise, et tournent souvent autour des compagnies. Ce sont certainement ces bandes de jeunes qui occasionnent le plus de dégâts aux cultures car ils n'ont pas la méfiance de leurs aînés.

A partir de 4 ou 5 ans, le mâle fuit la présence de ses congénères. 

            Webcam faune sauvage  avec les bruits de la forêt  (ouvrez le son de votre ordinateur)    
                              
Vous y verrez, si vous êtes patient, des oiseaux, des chevreuils et des sangliers (à tombée de nuit), . . .

LES TRACES

       

                                

Les deux doigts centraux qui prennent appui sur le sol s'appellent "les pinces". Les doigts atrophiés du sanglier situés derrière les pinces se nomment "les gardes". La largeur des empreintes du sanglier augmente proportionnellement avec l'âge de l'animal : 3 cm chez le marcassin, 5 à 6 cm chez la bête de compagnie, 8 à 9 cm chez le grand vieux sanglier. En ce qui concerne la voie, l'écartement entre les pas est de 10 à 20 cm chez le mâle, 10 à 15 cm chez la femelle et 5 à 10 cm chez le jeune.

Lorsqu'il se déplace à allure lente ou modérée, l'empreinte postérieure du sanglier se pose dans celle de l'antérieur, les pinces légèrement tournées vers l'extérieur.

Au fur et à mesure que l'animal vieillit, l'empreinte de son pied postérieur se décale vers l'arrière par rapport à l'empreinte du pied avant. La longueur du pas varie de 30 à 40 cm. Chez la laie, les pinces sont orientées en dedans. Les gardes resserrées appartiennent à une femelle.

Largement écartées elles signalent un mâle. La taille d'une empreinte varie de 5 à 8 cm.
Le sentier créé par le passage répété des sangliers est dénommé : "une coulée".
Le sanglier dégage une odeur perceptible à l'homme. Elle ressemble à celle résultant de la décomposition des feuilles de chênes
.

 

ALIMENTATION

               
CANON A GAZ pour  éffarouchement

Le sanglier esf un omnivore. c'est le seul grand gibier français non exclusivement herbivore.

Eléments végétaux : 90% (fruit forestier et végétaux)
Elément d'origine animale : 10% ( petits rongeurs, cadavres)

Rythme journalier : Biphasique

La journée : Repos 60% du temps
La nuit : déplacement 15% du temps
                nourriture 25% du temps

L'agrainage consiste à distribuer des aliments (souvent du maïs) aux sangliers. Cette pratique a été développée au départ pour tenter de dissuader les sangliers de sortir aux moments critiques dans les champs et ainsi d'éviter les dégâts , mais aussi et surtout pour attirer ou pour conserver a tout pris les animaux sur leur territoire de chasse. Mais cette pratique a vite connu des dérives et pour un certain nombre de chasses, c'est devenu du nourrissage intensif. Par endroits, ce sont plusieurs kilogrammes par jour et par sanglier qui sont distribués alors qu'en volume 1kg/ha serait le maximum et uniquement en mode de distribution.
En ce qui concerne l'agrainage, pour qu'il se pratique de façon extensive et uniquement dans un but de prévention pendant les périodes critiques de cultures, toute forme de "nourrissage" doit être strictement interdit. Un contrôle strict de l'agrainage doit donc être réalisé et des sanctions dissuasives doivent être mises en place
Les conséquences sur le sanglier de ce nourrissage intensif sont multiples mais il occasionne notamment :
- une maturité sexuelle des femelles plus jeune
- la suppression de l'anoestrus donc le développement du nombre de portées par laie
- la multiplication du nombre de marcassins à chaque portée
- enfin, la diminution de la mortalité naturelle des sangliers

Autrefois, les sangliers n'atteignaient pas le poids de ceux d'aujourd'hui, du moins pas aussi rapidement. Il n'y avait pas d'agrainoir. Le sanglier opportuniste tirait parti de tout, ajustant son menu en fonction de ses besoins et de la saison.
 
Il y a vingt ans, la prise de poids moyenne d'un jeune sanglier était de 2,5  kg par mois. Aujourd'hui, c'est le double. La croissance des jeunes sangliers est de l'ordre de 130 grammes par jour. A six mois, il pèse 25 kg, 35 kg à 9 mois, 50 kg à un an, 70 kg à 18 mois pour atteindre les 100 kg à 2 ans. Si on admet qu'un sanglier est adulte l'âge de 6 ou 7 ans, on peut dire que dans la nature ils sont inexistants. Car survivre au-delà de cinq saisons de chasse relève du miracle.
L'équation est simple et aboutit à l'explosion depuis une 15 ène d'années de la population de sangliers avec pour conséquences entre autres la multiplication des accidents de la circulation, l'augmentation très significative des dégâts aux cultures, la perte de biodiversité et l'apparition de nouveaux risques sanitaires.

« Le sanglier est un prédateur. Il est omnivore, il mange de tout. Il s'attaque notamment au petit gibier. Il mange des petits chevreuils, des poules faisanes, des petits lièvres, des lapins, des nids de faisans... mais aussi des escargots, des petits vers. Il mange tout ce qu'il trouve sur sa route. Il n'est pas comme un renard qui chasse pour manger. Le sanglier lui détruit et mange tout ce qu'il trouve sur son passage. C'est une bête noire, dans tous les sens du terme !  Mais le sanglier n'est pas une bête facile à traquer.  C'est un animal qu'on ne voit pas, il est très discret, il a un odorat très développé, en revanche, il a une mauvaise vue. Son oeil ne brille pas dans la nuit. Autrement dit, on peut passer à côté de lui sans s'en rendre compte. 

LE NOURISSAGE (interdit)

photos prise en moyenne Corrèze en 2010, je vous laisse juge !!!

       

Photos prise en 2010 lors d'une battue de régulation en haute Corrèze

Mode de prise de vues

 

REPRODUCTION

Maturité sexuelle :
Mâle : 8 à 12 mois
Femelle: 8 mois avec un minimum de poids de 30 à 35kg
Rut : mi-novembre à mi-janvier (oestrus tous les 21 jours)
Nombre de portées: 1 par an exceptionnellement 2 soit 3 portées en 2 ans maximum.
nombre de jeunes par portée: 2 à 8 et 10 au maximum
Croissance des marcassins : 4 à 7 kg /mois
Sevrage : au bout de 3 à 4 mois

  

Le Chaudron

Le rut du sanglier se déroule principalement au mois de décembre, sauf les années où la nourriture est très abondante, dans ce cas, il peut débuter mi ou fin octobre. Il y a repos sexuel de Juin à septembre. Les vieux mâles solitaires sortent alors de leur remise habituelle, et peuvent parfois parcourir de très longues distances pour rechercher des femelles à couvrir.

C'est la laie meneuse qui, au sein de la compagnie, déclenche les chaleurs chez les autres femelles du groupe, en étant en chaleur la première. Quelques temps avant, elle a pris soin de laisser sur les arbres alentour des traces de bave et de sécrétions des glandes lacrymales, afin de prévenir les mâles.

Dès que l'un d'eux a rejoint le groupe, il chasse les autres mâles (même les plus jeunes). Lorsque deux grands mâles convoitent en même temps un groupe de femelles, ils s'affrontent en de violents combats. L'issue rarement fatale, laisse malgré tout de cruelles blessures.

     

Photos de blessures infligées à un mâle de 117 Kgs par un de ses congénères lors d'un affrontement
(Photos prises le 03/12/2011 sur la commune d'Auriac(19))

Le mâle dominant reste avec les laies 4 à 5 semaines, affirmant sa domination en entaillant les arbres à grands coups de butoir de manière à décourager d'éventuels prétendants.

La durée de la gestation est facile à retenir : 3 mois, 3 semaines et 3 jours.

Peu de temps avant la mise bas, la laie s'isole, et prépare un nid d'environ 1 mètre de diamètre : le chaudron. Ce nid est constitué de végétaux, il est généralement très douillet. Elle mettra au monde de 2 à 10 marcassins (selon son âge et son poids). Les marcassins resteront au nid environ une semaine, à la suite de quoi ils sont autorisés à sortir. Au bout de 3 semaines ils suivent leur mère dans tous ses déplacements. C'est à ce moment que la laie rejoint la compagnie. Les marcassins seront sevrés vers l'âge de trois mois.

L'anostrus, cette période de repos sexuel d'environ quatre mois ( août à novembre) intervient chez la laie après la période d'allaitement. Il permet de recaler l'espèce dans son cycle biologique normal en repoussant l'ostrus des femelles en hiver pour faire naître les jeunes en début de printemps.

GESTION DES POPULATIONS

                         

Sur le plan quantitatif ,

si j'estime ma population à 100 sangliers en fin d'hiver, ( avant mise-bas) ma population étant bien équilibrée dans sa structure et dans ses différentes classes d'âge, combien pourrais-je en prélever sans compromettre l'avenir ?

Mon taux d'accroissement théorique réel serait de 100 , mais par mesure de précaution, je ne prélève que 80 bêtes.
QUANTITATIF : Stabiliser un cheptel => prélèvement 100% de l'effectif estimé en fin d'hiver

Sur le plan qualitatif ,

Je tire de préférence les plus petits dans une compagnie, ce qui permet de laisser vieillir ma population de sangliers.

Lors de l'élaboration de mon plan de tir, je préconise le tir de 80 % de bêtes rousses et 10 % de bêtes de compagnie, soit 90 % de bêtes de moins de 50 à 60 kgs pour 10 % d'animaux de + de 70 kgs. Cette formule serait idéale pour stabiliser un cheptel.

Si je veux augmenter ma densité, je prélève plus dans les jeunes classes d'âge. Donc, ne prélever que des bêtes rousses.

QUALITATIF : Stabiliser un cheptel => prélèvement 90% de bêtes rousses et de bêtes de compagnie
et 10% d'animaux de plus de 2 ans.

NE JAMAIS TIRER LA LAIE MENEUSE,EN GENERAL EN TETE DE LA COMPAGNIE

 

 

MALADIES

Peste Porcine
Bronchite vermineuse
La gale

 Trichinellose

  mise à jour le 9 février 2009

La trichinellose est une zoonose transmise à l'homme par la consommation de viande peu ou non cuite, essentiellement du cheval ou du sanglier dans notre pays. C'est une maladie à déclaration obligatoire pour laquelle il n'existe pas de traitement curatif. Elle provoquer des complications parfois graves et laisser des séquelles.

Agent

Les trichines sont des parasites qui appartiennent à l'embranchement des Némathelminthes et à la classe des nématodes. Onze types sont répertoriés, dont neuf ont déjà été isolés chez l'homme. Cependant, les infections rencontrées chez l'homme en France sont liées à Trichinella spiralis, T pseudospiralis ou T. britovi.

Les adultes sont des vers de petite taille (1,5 mm pour le mâle, 2 à 3 mm pour la femelle). Les larves enkystées en forme de citron (400 µm de long) dans des fibres musculaires mesurent un peu moins de 1mm de long et sont enroulées en spirale. Le cycle de développement des trichines ne s'effectue jamais à l'extérieur de leur hôte (cycle monoxène). Les larves, ingérées sous forme de kystes, deviennent adultes en 24 à 36 heures au niveau de l'épithélium de la muqueuse de l'intestin grêle ; après la fécondation, les adultes femelles donnent naissance à de nouvelles larves (en moyenne 1500 larves par femelle) entre les jours J4 et J10 après l'infestation. Ces larves empruntent alors la circulation sanguine ou la voie lymphatique et migrent vers les muscles striés squelettiques ; elles pénètrent dans les cellules musculaires dans lesquelles elles s'enkystent en 3 semaines ; elles peuvent y demeurer plusieurs années, les kystes pouvant même se calcifier.

Réservoir

Les trichines sont susceptibles d'infester la quasi totalité des mammifères carnivores et omnivores, y compris certains mammifères marins, et sous toutes les latitudes. On les trouve notamment chez le cheval, le sanglier, le porc. mais aussi le lynx, le renard, l'ours, le blaireau, le putois, les oiseaux, le chien, le chat, le rat. et l'homme. Chez l'animal, leur présence est en règle générale asymptomatique. Les oiseaux carnivores ou détritivores ainsi que certains reptiles peuvent être également infestés.

Mode de contamination

Chez l'homme, il existe des porteurs sains (qui ont moins de quelques dizaines de larves).
La transmission du parasite à l'homme est liée à l'ingestion de viande peu ou non cuite ; en Europe, il s'agit essentiellement de viande de cheval, de sanglier, ou de porc.

Epidémiologie

On a dénombré 6500 cas en Europe en 25 ans. En France, parmi les 2400 cas (environ) observés depuis 1975, cinq ont entraîné la mort. Depuis 25 ans la plupart des cas ont été observés en France sous forme d'épidémies de plusieurs dizaines voire centaines de cas (1975, 1985, 1998), liées à la consommation de viande de cheval. On a également dénombré des cas groupés liés à la consommation de viande de sanglier (Midi, Est de la France).

La trichinellose constitue également un important problème de santé publique en Europe de l'est et du sud, en Asie (Chine) et sur le continent américain ; des foyers endémiques existent en Afrique (Kenya), en Amérique du Sud (Chili) et en Asie du Sud (Thaïlande, Tanzanie).

L'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa, UMR BIPAR, Laboratoire de référence des trichinelloses animales) a réalisé avec le ministère de l'Agriculture et l'Office national de la chasse et de la faune sauvage, un programme national de surveillance sérologique des sangliers sauvages (2000-2001 et 2001-2002), dont la trichinellose fait partie.

Clinique chez l'homme

Incubation : 48 heures souvent silencieuse, parfois syndrome digestif avec douleurs abdominales, diarrhées, si infestation massive
De J+2 à J+15 à 30 : fièvre, douleurs abdominales, diarrhée, nausées, vomissements
A partir de J+15 : Fièvre en plateau, altération de l'état général, atteinte musculaire avec des myalgies parfois intenses et diminution du tonus musculaire, odème de la face, éventuellement manifestations de type allergiques.
Phase chronique où la fièvre diminue, mais la fatigue, les manifestations musculaires et allergiques persistent. Des complications peuvent survenir mais elles sont rares : myocardite, embolie pulmonaire. Des séquelles neurologiques ou musculaires peuvent s'observer.

Note : aucun symptôme clinique pathognomonique n'est observé chez l'animal infesté.

Diagnostic

Hyper éosinophilie massive supérieure à 1000, qui augmente jusqu'à J+60
Augmentation dès la deuxième semaine des enzymes musculaires : CPK, LDH, myokinase
Présence d'anticorps sériques à partir de J+15, la notion de séroconversion étant importante
Biopsie musculaire : positive à partir de 5-6éme semaines, mais attention aux faux négatifs si l'infestation n'est pas importante

Traitement

Le traitement repose sur la chimiothérapie anti-parasitaire, notamment les benzimidazolés associé à une corticothérapie.

Prévention

La transmission se fait par l'intermédiaire de viande crue ou insuffisamment cuite, notamment viande de cheval et de sanglier. Au niveau individuel, la cuisson suffisante de la viande (65°C pendant plus de 2 minutes, viande grise à cour) est la méthode de prévention idéale. La congélation de la viande n'est pas suffisante pour éliminer tout risque de transmission de la trichinellose

Au niveau collectif, la prévention repose sur le contrôle sanitaire des viandes à l'abattoir. En France, la surveillance vétérinaire par digestion artificielle chlorhydro-pepsique concerne la viande de cheval et de porc plein air (sondage pour le porc industriel). Pour le marché de gibier sauvage, les contrôles sont obligatoires si le chasseur cède à un tiers les gibiers qu'il a lui même chassés, que se soit dans un cadre commercial ou non, à l'exception d'une cession directe du chasseur au consommateur. Dans ce dernier cas, il est très vivement recommandé aux consommateurs de demander au chasseur une attestation relative à la recherche de trichine. Pour ce qui concerne le chasseur, sa responsabilité personnelle serait engagée si la consommation de la viande fournie entraînait un dommage au consommateur ; il lui est donc très vigoureusement recommandé de faire pratiquer cette recherche.

 APPELATIONS EN FONCTION DE L'AGE

- 0 à 6 mois : Marcassin (en livrée jusqu'à 2 ou 3 mois)
- 6 à 12 mois : Bête Rousse 25 à 45kg
-12 à 24 mois : Bête de Compagnie
- 2 à 3 ans : Ragot ou maie ragote
- 3 à 4 ans : Tiers an (mâle) et Laie (femelle)
- 4 à 5 ans : Quartannier (mâle) et Laie (femelle)
- Mâle Adulte : Solitaire
- à partir de 6 ans : vieux sanglier et vieille laie
- à partir de 7 ans : grand vieux sanglier et vieille laie

Evolution de la dentition en fonction de l'AGE

- 6 à 8 mois : 36 dents. 4ème prémolaire est trilobée + 1ère molaire est sortie
-12 mois : 40 dents. La 2ème molaire sort
- 14 à 18 mois : 4ème prémolaire est bilobée
- 24 à 30 mois : la 3ème molaire apparaît
- 3 ans et + :  44 dents . la 3ème molaire est trilobée

 

 


Armure de 4 cm d' épaisseur

QUELQUES PHOTOS

 

 

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                  Vermillis                                                                          Souille


sanglier a la souille en camera infrarouge

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                                                   Traces                                                Les laissées

Pied du sanglier


sanglier a l'épieu


Sanglier mâle de 138 Kg tué le 28 Décembre 2002
par l'équipe de chasse de Grandsaigne en Corrèze (19)
 

                

                   

La défense a une table d'affut de 7,5 cms

LES FERMES

            

        

 

Le courre du Sanglier

 L'équipage de sanglier se nomme vautrait, du nom des chiens vautres, espèce de grands mâtins qu'on lâchait autrefois à vue sur l'animal pour le coiffer.

Le courre exige un rembucher précis. La quête du valet de limier demande de l'expérience et de l'endurance : examiner les boutis et les souillis; laisser travailler le limier, mais ne pas serrer de trop près; si le sanglier prend vent du trait, il videra sa bauge; à l'attaque, il sera déjà loin. Si le limier hérisse le poil et gronde sourdement, ne pas insister, se retirer discrètement, le rapport sera sûr.

Sur un sanglier seul, bien rembuché, on attaque de meute à mort, sans rapprocheurs. Dès l'attaque, il faut forcer l'animal à marcher, chasser en avant, sonner, crier, car, si l'animal muse devant les chiens, reprend haleine, on ne le forcera pas; s'il se décide, il fera grande refuite, souvent sur des parcours accoutumés.

 Sur la vue, crier Vlô! (et non Taïaut!) et sonner le Sanglier (et non la Vue). Si l'on a rembuché une compagnie, on aura peine à séparer avec des rapprocheurs; il vaut mieux tout mettre et rallier de préférence sur un mâle, si on le peut toutefois (on chasse indifféremment mâles et femelles : la mise au ferme d'une laie est admise).

On n'usera de rapprocheurs que si l'on veut redresser longuement la voie haute d'un solitaire défini dont on a connaissance.

Le sanglier ne fait pas valoir le change comme le cerf ou le chevreuil; sa voie est forte, mais fugace; aussi, on n'arrêtera jamais la tête, mais on essaiera, si c'est nécessaire, d'enlever les chiens de queue et de les raccrocher en tête.

Tous les chiens de meute classiques sont bons au sanglier. On recherchera la vitesse et le mordant plus que le nez. On peut découpler avec la meute quelques fox ou roquets hargneux; ils harcèleront le cochon et, au ferme, se gareront mieux des défenses que les grands chiens.

Car le sanglier sur ses fins se défend, fait tête plusieurs fois : dès qu'il amorcera des fermes roulants, se saisir de la carabine et le servir dès que possible, sans quoi un mâle bien armé fera des ravages dans la meute. Ne servir au couteau qu'en cas d'urgence, le sang-froid est ici nécessaire. Se munir d'une trousse portative pour recoudre sur-le-champ les chiens éventrés.
Les rites de la curée sont les mêmes que pour le cerf.
Les trophées sont le pied (offert aux honneurs) et les défenses.

Le problème spécifique du Marcassin

 

Depuis les trente dernières années, les populations de sangliers ont augmenté d’une façon exponentielle sur le sol français. De 36.000 sangliers tués en 1974, nous sommes passés à plus de 320.000 actuellement, soit presque dix fois plus. Ces chiffres spectaculaires servent souvent d’arguments au monde de la chasse pour démontrer à l’opinion publique et à ses opposants que l’activité cynégétique n’est pas destructrice, puisque les populations de grand gibier, loin de régresser, se développent bien. Au premier abord, tout chasseur ne peut que se réjouir de cet état de fait.

Néanmoins, il existe aujourd’hui un double risque extrêmement grave, tant pour l’espèce Sus scrofa que pour l’activité cynégétique elle-même.

 1. L’état de surpopulation irraisonnable et le décyclage biologique dans lesquels se trouve le sanglier mettent gravement en péril cette espèce à très court terme.

2. Le surcoût démesuré imposé à l’économie cynégétique par les dégâts de sangliers aux cultures (25.000.000 € en intégrant les frais de dossier) condamne à court terme la chasse à la banqueroute compte tenu de la chute démographique incessante des chasseurs (perte de 45% de nos effectifs en 25 ans) .

A la lumière de ce constat, il est urgent d’en analyser les causes et les solutions qui pourraient y être apportées. Nous nous proposons d’exposer, ci-après, le cas spécifique de la gestion du marcassin. En effet, cette catégorie d’âge, la plus difficile à cerner par les statisticiens, est, au travers de l’historique récent de sa gestion, celle qui pose le plus problème.

Le statut du Marcassin

Le marcassin est-il protégé en France ?      Non !
L’a-t-il été un jour ?                Non !
Pourtant, demandez à brûle-pourpoint aux chasseurs français si le marcassin est protégé.

La plupart (surtout les plus de 50 ans) vous répondent : Oui !

D’où vient cette idée ?

De l’art. R.224-7 du Code Rural (de 1972) qui stipule que : « Afin de favoriser la protection et le repeuplement du gibier, le préfet peut dans l’arrêté annuel, pour une ou plusieurs espèces de gibier :

1°- Interdire l’exercice de la chasse de ces espèces ou d’une catégorie de spécimens  de ces espèces en vue de la reconstitution des populations… » Ce qui fut fait pour le marcassin d’une façon systématique dans tous les départements depuis cette date.

Les conséquences de l’application de l’art. R.224-7 du Code Rural.

En « protégeant » le marcassin depuis le début des années soixante dix, les chasseurs ont peut-être géré leur problème moral mais ont dangereusement amplifié le phénomène de décyclage biologique.

En effet, en laissant systématiquement dans les battues la vie sauve à une catégorie d’animaux qui normalement n’avait rien à y faire, pour reporter le prélèvement sur les plus gros et les très gros, on a privilégié les animaux décyclés au détriment de ceux qui ne l’étaient pas. Et ceci pendant trente ans ! Résultat, cette catégorie ayant été favorisée dans la reproduction, le décyclage biologique est aujourd’hui la règle générale dans cette espèce. Et plus on protège le marcassin pendant la période de chasse, plus on amplifie ce phénomène.

       

  Qu’en est-il aujourd’hui ?

Si, depuis quelques années, les départements où le tir du marcassin n’est plus interdit, est en nombre croissant, le problème n’est pas pour autant réglé.

En effet, où que l’on se trouve, le tir du marcassin se heurte à deux écueils majeurs :

  • Par manque d’information, une très grosse majorité des chasseurs français considère encore le marcassin  comme « protégé ».

  • Le tir à balle rend extrêmement difficile le tir d’un marcassin en livrée alors gros et agile comme un lapin. De plus, sa petite taille tend à décourager le chasseur qui  considère « qu’il n’en a pas pour son argent ».

Et ceci, il est inutile de le nier !

Toujours est-il que, même désacralisé par l’évolution de la réglementation, le tir du marcassin rencontre toujours autant la répugnance des chasseurs de grand gibier.

Conséquences de cette politique de gestion.

La préservation arbitraire depuis plusieurs décennies, d’une catégorie de spécimens qui auraient, au contraire, dû faire l’objet d’une limitation prioritaire, a conduit à un rajeunissement anormal de l’espèce sanglier qui se trouve désormais engluée dans une pyramide des âges dangereusement large à sa base et plate à son sommet. Le décyclage anarchique de la reproduction qui en résulte conduit toute tentative de gestion à l’échec. En effet, la variation du taux d’accroissement de cette espèce d’une année à l’autre, combinée à la préservation généralisée et non fondée des jeunes provoque les surpopulations irraisonnables que nous constatons aujourd’hui. Ce phénomène, dangereux pour l’avenir de l’espèce, se double des conséquences des dégâts sur les cultures. Ces groupes d’animaux, trop nombreux et trop jeunes, sont sujets aux comportements instables, aux déplacements anarchiques, au regroupement contre nature, par manque d’expérience.

Imaginons, l’espace d’un instant, la France exclusivement peuplée et dirigée par des jeunes de moins de quinze ans… Bonjour les dégâts !

Pourquoi tirer en priorité le marcassin ?

- L’art. R.224-7 met en avant la …  « reconstitution des populations… » Ce texte, qui date de trente ans, est totalement obsolète en ce qui concerne le sanglier. Cette espèce est désormais en surpopulation dans un grand nombre de départements.

- En ce qui concerne les états d’âmes de ceux qui prétendent qu’il n’est pas bien de tirer des « bébés », il faut se poser la question du bien fondé de la sensiblerie dans les notions de prédation. Le chasseur a pour rôle de se substituer au mieux aux super prédateurs disparus, et l’équilibre veut qu’il faille prélever en majorité dans les classes d’âge des plus nombreuses, c’est à dire les jeunes. Le chasseur doit assumer son statut dicté par la loi naturelle.

- « Protéger » le marcassin dans les départements où le sanglier est classé nuisible revient à travailler sur les bases d’un statut juridique absurde : « l’animal protégé nuisible… ? ».

- Les surpopulations non maîtrisées de sanglier sont en grande partie dues à la préservation du marcassin qui provoque :

  • Un décyclage biologique du sanglier

  • Un déséquilibre des classes d’âges

  • Une reproduction anarchique et imprévisible

  • Des aberrations comportementales de l’espèce

  • Une entrave à l’efficacité de l’acte de chasse.

 Dans son sens strict, la protection sous quelque forme que ce soit du marcassin n’a plus aucun sens aujourd’hui.

  • C’est dépassé quant aux objectifs de protection.

  • Anachronique quant aux mentalités (tabou).

  • Sans valeur juridique quant à l’aspect réglementaire (protection d’une espèce en surnombre et provoquant des dégâts).

  • Désastreux pour l’avenir de l’espèce sanglier.

  • Dangereux pour l’avenir de la chasse et de ses finances. etc.…


Solutions proposées.

    Contrairement au discours officiel (et autorisé…) la situation du sanglier en France est très préoccupante. La réduction numérique semble     s’imposer comme une priorité. Les bases d’une gestion plus rationnelle et réaliste que celle d’aujourd’hui semblent devoir être étudiées     ensuite.

A court terme.

  • Désacraliser le marcassin.

  • Informer les chasseurs sur la situation réelle du sanglier en France et sur la nécessité de tirer le marcassin en priorité, donc de changer les mentalités.

  • Etudier sans complexes les méthodes pour être le plus efficace à cet égard.

  • Instituer dans les départements à problèmes des battues administratives spécifiques en septembre et octobre, sous contrôle d’un louvetier, où seul le tir du marcassin sera recherché et le tir à plomb autorisé.

A long terme.

  • Simplifier la gestion du sanglier et sa chasse.

  • Porter la préservation de l’espèce sur les gros et enlever toute restriction de tir en dessous de 60 kg.

  • Cesser d’encourager le développement intensif du sanglier pour palier au manque de petit gibier.

  • Tendre progressivement vers l’interdiction de l’agrainage.

  • Sanctionner financièrement les départements et territoires qui persistent dans des politiques à risque de gestion du sanglier.

  • Gérer le sanglier en fonction des impératifs biologiques de l’espèce, et non en fonction des intérêts financiers du monde cynégétique.

 Article paru dans "Sanglier Passion N°66"
Dissuasion, nourrissage, fixation :Toutes les bonnes ou mauvaises raisons d'agrainer
Trop de dégâts et voilà bien une méthode moderne de gestion facile à mettre en œuvre ; l'agrainage. Sangliers trop vagabonds ou imprudents qui risquent de se faire tuer chez le voisin ! Voilà le moyen d'y remédier en les fixant chez soi. Vive l'agrainage ! Soutenir la productivité d'une population chancelante, agrainage bien sûr. Comme on le voit, chacun a de bonnes ou de mauvaises raisons de nourrir artificiellement ces pauvres bêtes qui n'en demandent pas tant.
Ne doutons pas des capacités des sangliers. Ils se débrouillent fort bien dans la nature. Ils mangent ce qu'ils trouvent et ils sont parfaitement aptes et capables d'y trouver, à de rares exceptions près, tout ce qui leur est nécessaire. Naturelle ou cultivée, la ressource est toujours suffisante.
D'abord, une constatation : un «menu» de sanglier, c'est-à-dire la composition d'un repas pris en une nuit par exemple, est toujours quelque chose de complexe, de complet et d'équilibré. La majorité des aliments ingérés sera composée par la part la plus abondante et la plus disponible d'un produit apprécié. Mais même disponible en grande quantité, le sanglier ne se contentera pas de ce seul aliment (les glands ou les châtaignes par exemple). Il complétera son menu en prélevant au hasard de ses pérégrinations d'autres éléments qui lui apporteront, qui des protéines, qui des minéraux ou autres oligoéléments et, bien entendu de l'eau, indispensable au bon fonctionnement de son organisme.
Rassurons nous tout de suite, jamais aucun sanglier n'est mort de faim dans notre beau pays. Alors pourquoi tant de sollicitude, d'application et d'énergie dépensées pour faire le bonheur des sangliers malgré eux ?
La dissuasion
Il s'agit, dans ce cas, de proposer aux sangliers susceptibles de faire des dégâts dans les cultures, une alternative. En quelques sortes, leur donner l'opportunité de se nourrir ailleurs et autrement. Les apports devront être limités et rigoureusement contrôlés. De plus, en fonction de la culture à protéger, de son stade sensible (maïs en lait, maturité du raisin par exemple), il sera nécessaire d'anticiper le risque. Dès que les sangliers auront goûté au plat principal, il sera difficile de leur faire apprécier les amuse-gueules. En clair, ne pas attendre le début des dommages pour mettre en place la dissuasion ; c'est souvent trop tard.
Dans la quasi-totalité des expériences qui ont été menées çà et là sur l'efficacité de l'agrainage de dissuasion, il a été montré que les apports artificiels de nourriture (maïs principalement) pouvaient constituer une part importante du régime, dès lors que la quantité de nourriture naturelle diminuait de façon significative.
L'impact de l'agrainage de dissuasion sur la pénétration des sangliers dans les cultures est réel, mais ce n'est sûrement pas la panacée. La variabilité de l'alimentation du sanglier étant une réalité, il recherchera ailleurs ce qu'il ne trouvera pas dans ce qui lui est proposé. Du maïs, rien que du maïs et encore du maïs, c'est très bien, mais cela n'empêchera pas d'aller prendre le dessert dans la vigne !
Enfin, il ne faut pas perdre de vue que cette dissuasion à un coût (matière première, distribution) et que ce coût doit rentrer dans la balance. Il n'est d'ailleurs pas du tout certain, même si apparemment l'argent ne sort pas de la même poche, que l'opération soit rentable, sauf peut être à prendre en compte l'aspect «psychologique» de l'opération sur le moral de l'agriculteur concerné.
La fixation
C'est certainement la moins bonne idée, si ce n'est la plus mauvaise raison, pour justifier l'agrainage. Certes, certains gestionnaires de forêts, louées à prix d'or à des chasseurs fortunés, se voient confrontés à une obligation de résultats. Le tableau est alors primordial et il faut à tout prix (et c'est bien le cas de la dire !) que les sangliers soient au rendez-vous. Le nourrissage de fixation devient donc une priorité et petit à petit, à grand renfort de maïs distribué à la tonne, la population locale de sangliers se transforme en une sorte d'élevage extensif.
Pour les très grands massifs, le mal est «moins pire», si j'ose peut dire. Les sangliers ont un semblant de liberté, même si la ficelle invisible de l'agrainage les gênent quelque peu dans leurs pérégrinations. Là, comme ailleurs on donnera la priorité, dans la mesure du possible, à la dispersion maximum afin d'éviter la compétition.
Sur les territoires exigus, souvent guère plus grands que certains chenils (!), vouloir retenir quelques sangliers en les agrainant, relève de l'utopie et de la méconnaissance du comportement de ces animaux, même si cela rassure des chasseurs un peu trop cupides.
Le nourrissage
Dans le cas d'une mauvaise glandée ou d'une autre production forestière déficiente à un moment donné, le gestionnaire peut être amené à pallier cette insuffisance par un apport de nourriture artificielle. Ce nourrissage devra être pratiqué avec parcimonie et même s'il devient l'apport principal, il ne faut pas perdre de vue que malgré tout, la nature peut rester généreuse. Les apports seront modulés en fonction des conditions extérieures. Par exemple, ils seront réduits voir supprimés en période pluvieuse, époques à laquelle les sangliers, animaux fouisseurs par excellence auront accès à d'autres nourritures (racines, bulbes, escargots, etc) et bien entendu en période de chasse.
Pour être efficace, l'apport de nourriture doit être considéré comme une glandée artificielle. La répartition doit donc répondre à cet objectif afin que chaque sanglier considère cet apport comme alimentation principale, accessible à chaque individu, sans exclusive possible.

Gilbert Valet
Article paru dans "Sanglier Passion N°66"


Les Marcassins  

Quelques bizarreries ...

 

Aprés passage chez le dentiste..... !!!!!

 

LEXIQUE DU SANGLIER

Armé: On dit qu'un sanglier est bien armé quand il a de fortes défenses.

Armure: Peau épaisse et dure qui recouvre l'épaule et une partie de la cage thoracique du mâle.

Allaites. Mamelles elles sont au nombre de 10

Bauge: Endroit où le sanglier se couche. La bauge est en général située dans un fourré épais.

Bête: Bêtes de compagnie, sangliers d'un à deux ans vivant en compagnie.

Bêtes noires: sangliers.

Bêtes rousses: marcassins de six mois, qui ont perdu leurs livrées pour prendre la couleur rousse.

Boutis: Empreintes laissées par les boutoirs des sangliers qui cherchent leur nourriture dans la terre.

Boutoir: Extrémité du museau du sanglier.

Coiffer. Un sanglier est coiffé par les chiens lorsque ceux-ci le prennent par les écoutes.

Compagnie. Groupes familiaux de sangliers

Crinière. Bande de soie sur le haut du dos

Chaudron. Nid dans lequel la laie va mettre bas

Crochets. Canines inférieurs de la laie (Défenses pour les mâles)

Décantonner. Se dit d'un animal qui quitte son canton.

Découdre. Un chien est décousu par un sanglier lorsque celui-ci le blesse avec ses défenses tranchantes.

Défenses. Longues dents de la mâchoire inférieure du sanglier mâle.

Écoutes. Oreilles du sanglier.

Ferme (être au). Se dit d'un animal de chasse qui fait tête aux chiens.

Frottoirs. Troncs d'arbres sur lesquels les animaux de frottent aprés s'être souillés

Gardes. Les deux ergots que le sanglier a au-dessus du pied, en arrière de la jambe.

Grès. Les deux canines de la mâchoire supérieure des sangliers; ils servent à aiguiser les défenses, d'où leur nom.

Hure. Tête du sanglier.

Houzures. croûtes de boue laissées sur les frottoirs

Laie. Sanglier femelle.

Laissées. Excréments cylindriques de 4 à 6 cm de diamètre

Marcassin. Nom du jeune sanglier de 0 à 6 mois ( il perd sa livrée vers 3 ou 4 mois).

Miré (Sanglier). Sanglier aux défenses usées et dont les grès s'allongent en se recourbant.

Mirettes . Yeux.

Noires. V. bêtes noires.

Pied. Empreinte du pied du grand gibier sur le sol. La connaissance du pied est indispensable pour le veneur, qu'il s'agisse du cerf, du chevreuil, du sanglier, du renard.

Page. un jeune mâle accompagnant un solitaire

Pigache. Sanglier qui a une pince plus longue que l'autre.

Quartanier. Sanglier de quatre ans, en général à l'apogée de sa force et le mieux armé.

Queue. Vrille

Ragot. Sanglier de deux à trois ans.

Rides. Marques que l'on trouve sur les empreintes des sangliers âgés, entre le talon et les gardes.

Soies. Poils du sanglier.

Solitaire. Grand vieux sanglier, qui ne vit plus en compagnie.

Souille. Endroit où se vautre le sanglier  pour favoriser sa régulation thermique (les suidés ne transpirent pas).

Suites. Testicules du sanglier.

Suitée. Accompagné. Laie suitée, laie avec ses petits.

Tiers An. Sanglier de trois ans.

Toupet. touffe de poils au bout de la queue

Trace. Particulièrement, empreinte du pied du sanglier. Plus généralement, marque laissée par
le passage de toute bête.

Trophée. Massacre des cervidés, défenses des sangliers.

Vautrait. Équipage spécialisé dans le courre du sanglier (30 chiens au minimum).

Velci aller! Se dit quand on voit un sanglier. (Pour le cerf, on dit : Vol ce l'est.)

Vermiller. Se dit du sanglier, quand il cherche sous terre les larves, les vers.

Vibrisses. Poils sensoriels du boutoir

Vlao! Vloo! ou Vlô! Cri poussé par les veneurs quand ils voient le sanglier par corps. (Pour le cerf, on crie : Taïaut!)

Voie. Trajet suivi par un animal. Ensemble d'empreintes et d'odeurs.

Vrille. Queue du sanglier.

Yeux. Mirettes

 

                              

 

             

Cochonglier

 

 

                                                                                                                      

PROVERBES

- "Si tu chasses l'ours, prépare ton lit, si c'est un solitaire prépare ton cercueil"  (Polonais 1901)
- " le lion à ses dents et ses griffes, le sanglier a ses défenses, la seiche a son encre qui lui sert à brouiller l'eau
autour d'elle; la nature à donné à la femme le pouvoir de mensonge"
- " Année de gland, année de sang"

                                  

Mythologie grecque

Dans la mythologie grecque, le sanglier d'Érymanthe est un énorme sanglier qui terrifiait les habitants de l'Érymanthe en Arcadie. Sa capture constitue le quatrième travail d'Héraclès.

Durant son voyage vers l'Arcadie, Héraclès demande l'hospitalité à un centaure, Pholos, en pleine Pholoé. Ce dernier accepte de bon cœur et est très serviable, bien qu'il mange de la viande crue il la sert cuite à Héraclès. Au fur et à mesure du repas, le héros sent la soif venir, c'est alors qu'il aperçoit un grand tonneau de vin. Il demande à Pholos de lui servir un verre du breuvage, mais celui-ci refuse car c'est un bien commun des centaures, Héraclès insiste fortement et finit par le convaincre. Le maître de maison et le demi-dieu commencent donc à s'en abreuver. Venant de finir leur dégustation ils aperçoivent au loin une horde de centaures armés de lances et de gourdins qui avaient senti l'odeur du vin. Le fils de Zeus leur tire dessus à l'aide de flèches d'argent, ainsi il parvient à les éliminer. Hélas Pholos se blesse avec l'une des flèches d'Héraclès, empoisonnée par le sang de l'hydre de Lerne, alors qu'il donne aux centaures morts leur sépulture, et un autre centaure, Chiron, qui n'avait pas participé à la bataille, est blessé par erreur à un genou, ce qui lui donne des souffrances sans fin (ne pouvant mourir, il demande aux dieux de lui retirer son immortalité afin de cesser de souffrir). C'est ainsi que meurent les deux seuls centaures bons et sages de la mythologie grecque.

Même scène, amphore attique à figures noires, v. 525 av. J.-C., musée du Louvre (F 102)

Arrivant en Arcadie, Héraclès reprend son quatrième travail et se met à pourchasser durant l'hiver la bête gigantesque parcourant l'Érymanthe. Il la cherche durant plusieurs jours, abattant des arbres pour l'apercevoir, et finit par trouver un moyen pour faire sortir le sanglier de sa tanière : il pousse de grands cris. Cela fait, il le course à travers toute la montagne durant plusieurs jours, si bien qu'il arrive à son sommet. Le demi-dieu épuise le monstre en le suivant à la trace et en lui jetant des pierres. Ainsi, dans un moment d'inattention causée par la fatigue le sanglier d'Erymanthe tombe dans une cavité creusée par Héraclès pour le piéger. Comme la bête était paralysée sous le choc, son traqueur l'attrape et la ligote avec un nœud coulant.

Il retourne ensuite à Mycènes, le dos chargé de sa proie. Certains racontent qu'Eurysthée, terrifié par la bête plongea dans sa jarre de bronze à la vue de la bête vivante. Héraclès déposa la bête sur la place du marché, le sanglier fût tué par un inconnu et ses défenses ont été conservées à Cumes, dans le temple d'Apollon.

BLESSURES SANGLIER
 

                

Blessure FOUDRE (10/2012)

          

                

        

Ce qui nécessite une bonne protection pour nos chiens ...

    Mante                 

   Mante - Fantomas et Samba

DUO

       

                                                         MANTE                                                                                                            MANTE - DUO - FINO


sanglier blessé en camera infrarouge

PIRATE


Dog Argentin

Une anecdote qui pourrait prêter à sourire voire même à rire si elle n’était pas réelle.

Les faits se sont passés le samedi 15 septembre 2012 en haute Corrèze en limite de la Creuse.

Ce matin-là, une équipe de chasse rapproche un gros sanglier. Un ferme musclé s’en suit dans une buissonnière très dense en cette période de l’année ou ronces et fougères sont encore très hautes. Puis plus rien, qu’un silence assourdissant. Le piqueux après des efforts arrive sur les lieux  du ferme.
Il trouve son rapprocheur coupé en deux par cet animal et partiellement mangé.
Du jamais vu, quelque chose d’incompréhensible. Ce type de comportement ne ressemble pas un comportement d’animal sauvage.
Malheureusement, l’animal court encore et fera sans aucun doute encore parler de lui sur ce secteur tant qu’il n’aura pas croisé une brenneck.

                   

                    

LE COCHON    TUEUR  :     L'ENTELODONTE

L'entélodonte était le plus gros carnivore il y a environ trente millions d'années (Miocène). En analysant des ossements ainsi que des empreintes fossilisées et en les comparant à celles d'autres prédateurs de l'époque, des paléontologues américains sont parvenus à dresser son portrait. Massif, cet animal pouvait selon eux dépasser un mètre au garrot et aurait possédé une forte musculature. Ses puissantes mâchoires semblent avoir été pourvues d'une dentition impressionnante, indiquant ses habitudes de chasseur, de carnivore et de charognard. Des spécialistes le décrivent comme un mélange de cochon géant, d'ours et de hyène.

Les entélodontes ou Entelodontidae sont apparentés au porc et au sanglier de l'époque moderne. Hauts sur pattes et corpulents, ils étaient caractérisés par des excroissances osseuses sur les joues et sur la mâchoire inférieure. Leurs mâchoires étaient constituées de molaires et de prémolaires ainsi que de canines incurvées qui pouvaient broyer aussi bien des os que des noix, des racines ou des lianes. Leur cerveau était petit, mais les zones correspondant à l'odorat étaient bien développées. Leurs pattes minces, portant un corps énorme, permettaient sans doute une course rapide. Elles n'avaient que deux doigts, ce qui n'est pas le cas de tous les suiformes.

 
predateurs de la prehistoire le cochon tueur 1


predateurs de la prehistoire le cochon tueur 2