La martre

 

Mammifères - Carnivores - Mustélidés

  Portrait

La martre appartient à la famille des mustélidés.
Elle se distingue de la fouine, sa proche cousine, par sa denture, son pelage brun foncé, son plastron jaune orangé au contour irrégulier qui orne sa gorge et, en hiver surtout, par la présence de longs poils sous la plante de ses pieds.
Le mâle pèse environ 1500 g alors que la femelle atteint 1100 g en moyenne.
En dehors de la période de reproduction qui a lieu de juin à août, les martres sont solitaires.
Les jeunes, en moyenne au nombre de trois, naissent entre mars et avril et quittent leur mère en automne.

La martre est un petit carnassier appartenant à la famille de la belette, les mustélidés, qui inclut plusieurs autres membres plus connus comme l'hermine, la mouffette et le vison. Elle nous serait venue d'Asie, il y a environ 60,000 ans. Il en existe plusieurs espèces partout au monde, la plus célèbre étant probablement la zibeline de Russie, réputée pour sa fourrure somptueuse.

Description et cycle évolutif

La martre est à peu près de la taille d'un petit chat domestique, mais elle a les pattes plus courtes, le corps plus mince, la queue fournie et le museau pointu. La couleur du pelage va du chamois clair au brun foncé presque noir. En hiver, sa belle fourrure prend une teinte brun foncé, et sa gorge se marque d'une tache orange lustrée. Son pelage d'été est plus pâle et beaucoup moins épais.

En hiver, la pousse d'une fourrure plantaire fait que la martre ne laisse pas de trace de doigts dans ses empreintes. Celles-ci font environ 3,7 cm de long et forment deux ovales qui se chevauchent d'environ un tiers, l'animal posant ses pattes arrière à l'endroit où il avait posé ses pattes avant. Cette démarche bondissante étant commune aux mustélidés.

La martre est un animal solitaire. Les adultes protègent leur territoire en empêchant les animaux du même sexe d'y pénétrer mais y tolèrent le sexe opposé. Cependant, les mâles et les femelles ne cohabitent que durant la période du rut qui survient fin juillet début août. La femelle élève seule la portée qui peut varier entre deux et six petits mais qui en compte habituellement trois. Elle met bas en mars ou en avril, de huit à neuf mois après l'accouplement. Cette gestation exceptionnellement longue pour un petit mammifère est due au phénomène d'implantation embryonnaire différée: après l'accouplement et la fertilisation, le développement de l'embryon s'interrompt très tôt, et l'implantation dans l'utérus ne se produit pas avant février. Ce phénomène s'observe également chez plusieurs autres mustélidés.

À leur naissance, habituellement dans un gîte situé à l'intérieur d'un arbre creux, les petits, aveugles et recouverts d'un mince duvet, pèsent environ 30 g. La mère les allaite durant une bonne partie de l'été, s'absentant peu longtemps tant qu'ils ne sont pas en état de quitter le gîte avec elle, en juin ou en juillet. La tâche d'élever les petits est extrêmement exigeante, et la mère peut y perdre considérablement de poids. Il semble que les petits ne la quittent qu'à la fin d'août ou en septembre. Les femelles peuvent s'accoupler durant leur première année d'existence, mais la plupart ne le font pas avant l'âge de deux ans. Les mâles sont probablement incapables de se reproduire avant leur deuxième année également.

La martre compte peu d'ennemis naturels, mais d'autres mammifères carnassiers ainsi que des buses et des hibous se seraient déjà attaqués à quelques individus qui n'étaient pas sur leurs gardes.

Habitat

La martre préfère les vieux peuplements de conifères ou de forêts mixtes, bien qu'elle cherche parfois sa nourriture en terrain découvert. Toutefois, il reste de moins en moins de forêts encore inexploitées, et les jeunes forêts ne peuvent pas en héberger en aussi grand nombre.

Régime alimentaire

On décrit souvent la martre comme un prédateur arboricole, ce qui est faux. L'erreur vient probablement du fait qu'on l'ait vue grimper aux arbres pour échapper à des intrus. La martre est une grimpeuse agile, mais elle attrape presque toutes ses proies au sol. Son régime alimentaire est très varié, ce qui la met dans la catégorie des prédateurs non spécialisés; autrement dit, la martre mange tout ce qu'elle peut attraper. Elle se nourrit surtout de souris sylvestres, de campagnols des champs, de lièvres,lapins de garenne, d'écureuils, de musaraignes et, à l'occasion, d'oeufs d'oiseaux et d'amphibiens, de miel .... Elle mange aussi une grande quantité de baies, plus particulièrement des framboises et des myrtilles.

Comportement

Au printemps et en été, la martre chasse à toute heure du jour, surtout à l'aube et au crépuscule, durant environ 16h par jour, ou durant 6 à 8h s'il s'agit d'une femelle dont la portée est encore au gîte. Son activité nocturne diminue avec les baisses de température; en effet, durant les mois les plus froids de l'année, elle ne chasse que quelques heures durant la période la plus chaude de la journée. Par mauvais temps ou s'il fait très froid, elle peut même se terrer pendant plusieurs jours.

Animal curieux et nerveux, la martre furète sous les troncs abattus et les souches, à l'intérieur des arbres creux et dans les bouquets denses de jeunes conifères. En hiver, elle chasserait sous la neige, dans les tunnels creusés par les écureuils roux, ou sous les troncs d'arbres recouverts de neige. La curiosité, la férocité et l'instantanéité des réflexes de cet animal sont caractéristiques de la famille des belettes.

La plupart des gens qui l'ont étudiée ont observé qu'elle n'aime pas l'eau. Toutefois, on a déjà vu des martres nager sur de petites distances.

L'étendue du territoire de la martre dépend de la densité de sa population et de l'accessibilité de la nourriture. En période d'abondance, le mâle couvre une distance d'environ 3,5 km, qui peut doubler en cas de disette; le rayon des femelles équivaut à environ la moitié de celui des mâles. Il est évidemment beaucoup plus grand dans les zones d'exploitation forestière.

 

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