Cervus elaphus

Classe : mammifères
Sous-classe : herbivores
Ordre : artiodactyles (artios pair, dactylos doigt)
Sous-ordre : ruminant
Super-famille : elaphoidées
Famille : cervidés

   Vitesse maximale 67 km/h

   Durée de vie entre 15 et 20 ans

   Comportement sédentaire ou erratique

   Période d'accouplement 15 Sept / 15 Octobre

     Femelle Biche
    Durée de gestation 8 mois
    Portée un jeune
    Durée d'allaitement 6/10 mois
Jeune - de 6 mois   Faon  
Jeune entre 6 mois et 1 an Hère, Bichette
    Jeune entre 1 an et 2 ans Daguet
        
 

Le cerf est, après l'ours le plus grand de nos animaux sauvages et certainement le plus beau.
            En France, son poids oscille entre 170 et 220 kg pour les mâles et pour les femelles entre 90 et 120 kg.

 Le poids définitif est atteint vers 4-5 ans chez la femelle et 6-8 ans chez le mâle.

 La hauteur au garrot varie de 1m à 1m10 chez la femelle pour 1m10 à 1m40 chez le mâle et
             les longueurs sont respectivement de 1m70 à 1m90 et 2m à 2m20.

Comment et que mangent-ils ?

 

Le système digestif & Nourritures

Les Cerfs sont des ruminants. C'est à dire que comme la vache ils ont un systeme digestif qui les oblige à macher
et remacher leurs aliments : ils ruminent. Ils ont la particularité de pouvoir digérer la cellulose
(composant essentiel des végétaux), contrairement au système digestif des autres animaux (nous y compris).

Pour cela ils ont un estomac en 4 parties :

 

Le paturage :

Il y a une première mastication rapide qui part dans la première chambre (la panse). Dans cette chambre qui sert
de stockage, le bol alimentaire est malaxé dans un bain de bactéries qui attaquent la cellulose. Cette fermentation
libère les acides aminées contenu dans la cellulose et qui ainsi peuvent être assimilés par l'organisme.
La fermentation produit aussi du méthane, un gaz que l'animal doit évacuer très régulièrement.

 

La rumination :

Plus tard, lorsque l'animal est au repos, les boulettes de régurgitation remontent doucement pour une seconde et plus longue mastication qui permet de bien casser les fibres de cellulose restantes.
Le tout retourne ensuite dans la seconde chambre (le bonnet), puis les éléments les plus fins passent dans la troisième chambre (le feuillet) pour un dernier triturage et une absorption de 60 à 70 % de l'eau. Les éléments les plus gros contenu dans le bonnet repartent pour un cycle de mastication.
Ensuite le bol alimentaire résultant termine dans la caillette où l'action des sucs gastriques commence la digestion proprement dite. Le tout continu ensuite son chemin dans l'intestin.

 

 


Nourritures

Au printemps

Leur principale source de nourriture sont les bourgeons, les jeunes pousses.

En été

A cette saison, les feuilles d'arbres et les graminées ont leur préférence.

 

En automne

La nature a tout prévu. A cette période, la nourriture disponible est très riche : glands, faines, châtaignes ...

En hiver

Il ne reste pas grand chose, des écorces d'arbres, des végétaux ligneux (ronce, lierre) .... Les gardes forestiers déposent des aliments à certains endroits pour éviter ces dégradations.

 

L'AUTOMNE, c'est le temps du RUT.

 

C'est la période qui a fait la réputation du cerf, celle où l'on peut entendre le fameux "brame".
Il résonne dans toute la forêt de fin septembre (deuxième quinzaine) à début octobre.
Il y a différents brames :

  • le brame de présence : court et bref, il n'est en fait qu'un rot grave et rauque,
  • le brame de langueur : long, isolé et mélancolique (ouh oâh oh oh),
  • le brame de défi : provocation au timbre élevée (ho ho ho oâh),
  • le brame de poursuite : cri saccadé émis lorsque le cerf court derrière une biche (heu heu heu ...),
  • le brame de triomphe : cri puissant du vainqueur d'un combat.

L'époque des amours est arrivée, les jeunes cerfs sans harde vont partir à l'aventure, oubliant toute prudence
pour conquérir leurs femelles.

Les vieux mâles veillent jalousement sur leur harde qu'ils ont réintégrées, essayant en plus d'attirer les femelles
de la harde voisine. Ces hardes peuvent atteindre 30 têtes à cette époque. Ils ont fort à faire jour et nuit: surveiller
les femelles, s'accoupler avec celles qui sont prêtes, décourager les jeunes mâles qui essayent de leur voler celles
qui s'éloignent. Ces mâles sans harde peuvent devenir très pressants et le combat ne va pas pouvoir être évité.

Des manoeuvres d'intimidation peuvent suffire, les vieux mâles ont de l'expérience. Sinon le bruit des bois
s'entrechoquant résonne dans la forêt. Ce n'est pas un combat à mort mais certaines fois l'un des combattants
peut être mortellement blessé. Il arrive aussi que les deux cerfs restent coincés, leur bois emmêlés, ils meurent
alors tous les deux d'épuisement.

Il n'est pas rare de voir à cette époque des cerfs avec des touffes d'herbe accrochées aux bois. La surexcitation
les fait labourer l'herbe à grand coup d'andouillers

Il n'est pas rare de voir à cette époque des cerfs avec des touffes d'herbe accrochées aux bois. La surexcitation
les fait labourer l'herbe à grand coup d'andouillers.

 

La période de fécondité de la biche est très courte, moins d'une journée. Le cerf par contre a une faculté
d'accouplement de presque un mois.

C'est une période très éprouvante physiquement pour les cerfs, ils ne mangent presque rien et n'ont pas de
répit : combat, accouplement, surveillance ... Ils peuvent perdre jusqu'à 20 kg. Les jeunes mâles ont toute
leur chance à la fin du rut quand les vieux à bout de force ne peuvent plus surveiller leur harde.

Lorsque le rut est terminé, les mâles épuisés se refont une santé et se préparent à l'hiver. Leur occupation
devient manger-dormir !

L'HIVER, c'est le CALME.

C'est une période très calme, survivre et attendre le printemps ...
Les biches surveillent les petits de l'année et leurs ventres commencent à s'arrondir avec ceux du
printemps prochain.
Les cerfs vivent à part, c'est une vieille biche qui est responsable de la harde (la Bréhaigne).

Les bois des cerfs tombent entre janvier et mars, laissant deux cicatrices. Rapidement une couche
cartilagineuse apparait et les bois recommencent à pousser. Les cerfs utilisent le calcium de leurs os
pour former leur ramure.
 

LE PRINTEMPS

Les biches ayant été fécondées à l'automne précédent vont accoucher après 8 mois 1/2 de gestation
(environ 240 jours), au mois de juin.

Les débuts de la vie du cerf sont très rarement observés, la biche se retire toujours à l'abri des regards.
Le jeune faon naît la tête la première. Sa mère coupe le cordon ombilical, déchire la poche qui l'entoure
encore et la mange. Vient ensuite une longue séance de nettoyage qui va créer des liens très étroits entre
le faon et sa mère. Puis très rapidement le faon va faire ses premières tentatives pour se lever et enfin
il aura sa première têtée !

Le faon est debout seulement 1/2 heure après sa naissance. Il pèse environ 7 kg. Quand il aura atteint l'âge adulte
dans 5 ans, il pèsera alors entre 120 et 250 kg pour un cerf, 3 fois moins pour une femelle. Son espérance de vie
est de 15 à 20 ans.
Le jeune est appelé "faon" jusqu'à 6 mois. De 6 mois à 1 an, c'est un "hère". A partir de 1 an c'est un "daguet".
Par la suite il est classifié selon ses bois. La première fois qu'il en porte, on dit qu'il a une "première tête",
puis l'année suivante une "deuxième tête", etc. Viens ensuite la phase où il est appelé "dix corps jeunement"
pour finalement l'apothéose avec le "grand dix-corps" ou "royal".

Le jeune faon va rester seul les premiers jours, couché et immobile, sa mère ne venant le voir que pour l'allaiter.
A cette période, il ne faut pas s'approcher de lui sous peine que sa mère l'abandonne en sentant notre odeur ...
Cette solitude est le gage de sa sécurité. De cette manière, les prédateurs ( renard, lynx ...) ne peuvent
pas le repérer . Dès qu'il sera assez ferme sur ses pattes, il rejoindra la harde avec sa mère.
Le jeune faon a un pelage caractéristique, moucheté. Il va rester avec sa mère dans la harde, la reconnaissant
grâce à son odeur unique. C'est elle qui va faire son éducation, le cerf n'intervient jamais.

L'évolution des BOIS.

Seuls les mâles en portent.
Leurs bois sont en pleine formation. Ils sont tombés pendant l'hiver et re-poussent maintenant très vite.
Ils sont recouverts de velour et sont tendres. Le velour est en fait une couche de peau sensible et fortement irriguée

L'été, les biches et leur faons vivent calmement, c'est la fin de l'allaitement des faons de l'année.
Les cerfs par contre se préparent à l'automne et au rut. Ils accumulent des réserves, font leur graisse.
C'est une grande épreuve physique qui les attend. Les cerfs ne sont pas avec la harde, ils se sont regroupés
par petit groupe.

Leur rythme de vie est dormir le jour (on appelle cela la reposée), manger la nuit (on dit qu'ils viandent).
A la fin de l'été, les biches et les cerfs sont bien gras, on dit qu'ils sont en pleine cervaison.

Pour se débarrasser des parasites et se rafraichir, ils ont l'habitude d'aller se rouler dans la souille.

L'évolution des BOIS.

 

Les bois sont arrivés à maturité. La circulation sanguine du velour s'arrête, la peau meurt et se dessèche.
Les cerfs s'en débarrassent en se frottant les bois contre les arbres et en avalant les lambeaux qui se détachent.
Les bois qui apparaissent ne sont pas encore teintés, ils prendront leur couleur définitive avec le temps.
Ils sont maintenant très durs.
La ramure des cerfs peut peser jusqu'à 12 kg. La complexité de ses ramifications augmente avec
l'âge mais rediminue avec la vieillesse.

Les plus beaux bois sont portés par des cerfs de 10-12 ans.

Leur lieu de vie ...

A l'origine, les cerfs vivaient dans les plaines. Leurs ramures leur servaient de signe de reconnaissance.
La mise en culture des terres les ont repoussés petit à petit dans les forêts. Ce lieu de vie actuel leur est moins adapté,
leur ramure devient maintenant un handicap, elle les gêne dans leurs déplacements dans les taillis serrés.
Les cerfs et les hardes vivent habituellement dans les sous-bois des feuillus (source de leur nourriture). Ils sortent en
lisière au moment du rut pour rejoindre leur "aire de brame". Cette aire leur est "attitrée", ils y retourneront tous les ans.
Les mâles peuvent parcourir alors de très grande distance pour y revenir, on peut alors les voir traverser des clairières,
rivères et routes ...

Qui n'a pas rêvé cette rencontre dans la brume du soir avec un cerf ?

Ce moment est rare, voici quelques conseils pour qu'il puisse devenir réalité. Dans tous les cas il ne faut pas
oublier que nous rentrons sur son territoire, il ne faut pas se comporter en conquérant mais respecter sa tranquillité.
Ils sont très sensibles aux odeurs, ils peuvent détecter un homme à 300 mètres, alors faites attention à la direction
du vent ... Enfin, ils sont inoffensifs mais une mère protégeant son faon ou un cerf excité par le rut peuvent être
dangereux, alors ne les dérangez pas et observez de loin !


On voit peu de cerfs mais on peut voir beaucoup de traces de son passage : empreintes, traces sur les arbres,
odeurs ... Il faut prendre le temps de regarder la forêt avec d'autres yeux.


 

Période :

La meilleure période d'observation est au moment du rut, les cerfs sont alors beaucoup moins craintifs et se
montrent beaucoup plus. De plus leur brame nous permet de les localiser.
Le meilleur moment de la journée est le crépuscule, le cerf est un animal à moeurs plutôt nocturnes, son activité
va augmenter avec la nuit.

 
   

Lieux :

Pendant le rut, les cerfs et leur harde se retrouvent toujours dans les mêmes lieux, "l'aire de brame". Ces aires
sont connues et il y a souvent des postes d'observation installés à proximité, renseignez vous auprès des gardes
forestiers.
Les
souilles sont aussi des lieux fréquentés assidûment. C'est dans ces endroits humides que les cerfs viennent
se rouler dans la boue pour se débarrasser des parasites.




Odeurs :

On y pense moins mais au moment du rut les cerfs ont une odeur très marquée : arôme musqué.
On la sent très nettement à cette période dans les lieux où ils sont passés.
Ils marquent leur territoire à l'aide d'une glande à odeur (larmier) située à l'angle interne des yeux et qui produit
une sécrétion grasse à odeur forte. Ils en enduisent les arbres et arbustes.




Traces :

Les signes les plus évidents se trouvent sur les écorces d'arbres. On y retrouve les
cicatrices laissées lorsqu'il se nourrit d'écorce, des touffes de poils accrochés lorsqu'il s'est frotté,
les cicatrices laissés par le frottement de ses bois ...
Les cerfs mangent les jeunes pousses et bourgeons des branches basses,
les arbres ont alors un aspect taillé ...
On peut aussi trouver des excréments les Fumées. Il s'agit de petites boules ovales pouvant atteindre 3,8 cm de longueur. La forme des crottes résulte de la structure de la partie terminale du gros intestin : sa paroi est constituée d'une série de replis. On peut les observer sur les excréments. On observe des différences selon la saison, le régime alimentaire variant, ils sont plus ou moins déshydratés.

 

 





Empreintes :

L'observation des empreintes permet de définir le sens de marche, l'allure, le sexe, l'âge ...

Le sabot d'un cerf est constitué d'une éponge ou talon (4), d'une sole plantaire (2), d'une arête ou côté (3) et d'une pointe ou pince (1). Deux os vestiges d'anciens doigts sont un peu au dessus (5), ils ne touchent le sol que lors de la course ou du saut.

 

On observe une nette différence de taille de l'empreinte entre un mâle (à gauche) et une femelle (à droite).

Le sens de marche s'observe par la projection de terre sur le devant de l'empreinte, ainsi que
des petits dérapages vers l'avant sur terrain glissant.

Il y a 4 grands types d'allure : le pas, le trot, la course et le saut. (les pattes antérieures sont en gris, postérieures en noires)

Le pas ou le trot

Au pas, les pattes postérieures se posent exactement dans l'empreinte des pattes antérieures. Au trot on observe un léger décalage.

La course

A l'allure de course, le cerf lance ses pattes postérieures devant les empreintes des pattes antérieures. On peut remarquer que les 2 os font des marques à la différence du pas ou du trot.

Le saut

Lorsqu'il bondit les pattes postérieures viennent se poser à l'avant des pattes antérieures l'une à coté de l'autre, les pattes antérieures sont en décalées.

 Pied. - Le cerf empreint dans le sol ses quatre doigts ongulés. Les deux antérieurs, les plus importants, forment le pied proprement dit, comprenant : à l'arrière, les talons ou éponges; à l'avant, la pince; entre les deux éponges, la fourchette; la portion creuse du pied est la sole, et les bords extérieurs, nets et coupants, dessinent les côtés.
Les deux doigts postérieurs, rudimentaires, sont appelés os; ils ne s'impriment qu'en sol gras ou boueux. La biche a le pied long, serré et pointu; les côtés ne sont pas usés; elle est long-jointée; les os sont petits et aigus. Chez le jeune cerf, les pinces sont arrondies, le talon large; chez le dix-cors, ces caractères s'accusent : le pied est rond et large, les pinces et les côtés très usés, les os arrondis, éloignés l'un de l'autre, mais rapprochés du talon; la sole n'a plus de creux.

Allures. - Ce terme désigne la manière dont l'animal pose son pied postérieur par rapport à l'antérieur, la distance d'un pas à l'autre, lorsqu'il va d'assurance, c'est-à-dire à l'allure d'un pas libre. Lorsqu'un cerf prend de l'âge, son allure retarde, c'est-à-dire qu'au lieu de poser exactement son postérieur sur l'empreinte de l'antérieur, il le pose jusqu'à 20 cm en arrière, chez un très vieux mâle. En outre, son allure s,élargit, à cause de sa corpulence et du ballant que lui donne l'envergure de ses bois.

 

DETERMINATION DE L'AGE D'UN ANIMAL D'APRES LA DENTITION

Faon : 3ème prémolaire trilobée + 1molaire
Daguet ou bichette : 3ème prémolaire trilobée + 2 molaires
Animal de 2 ans et + : 3ème prémolaire bilobée + 3 molaires
A partir de la 3ème année, on examinera le degré d'usure des dents définitives
Vers 15 ou 16 ans certaines dents seront usées jusqu'a la racine

Le valet de limier se mettra en route avant l'aube, avec son limier.
Celui-ci est un chien de meute vieilli, mais de haut nez, et qu'on a dressé à être secret, c'est-à-dire à ne se récrier en aucun cas;
il est tenu au bout d'un trait de 3 m. Le valet de limier gagne le canton de sa quête, met son chien devant. Son travail consiste à rembucher les animaux, c'est-à-dire à en avoir une connaissance précise, principalement d'après leur vol-ce-l'est . Il commencera par envelopper son enceinte, en suivant de préférence, au début, la bordure du bois (les cerfs, en principe, vont la nuit au gagnage et reviennent avant le jour à leur remise pour s' mettre à la reposée). A la croisée d'une voie chaude, le limier portera au vent et se rabattra. Le valet examinera soigneusement le vol-ce-l'est. (Un limier donne indifféremment le droit ou le contre.) Le jugement de l'espèce, du sexe, de l'âge et de la tête d'un animal par son seul pied est un long chapitre de la vènerie. Nous nous bornerons donc ici à rappeler brièvement ce qui a trait au pied et aux allures du cerf.

Le valet de limier, s'il juge son cerf courable (c'est-à-dire si l'animal est au moins daguet; en vènerie du cerf, on ne court pas les biches), repère la voie rentrante avec des brisées, branches cassées dont la cassure est tournée du côté où va le cerf (deux pour un cerf, une pour une biche). Si, poursuivant sa quête enveloppante, son limier ne lui donne pas la même voie sortante, ce qu'il jugera au vol-ce-l'est, c'est que le cerf est resté dans l'enceinte. Un bon cerf seul dans une enceinte est l'objet d'un beau rapport, mais, le plus souvent, il y aura plusieurs voies; au valet de limier de démêler le nombre d'animaux, cerfs, biches, hères et faons, pour rapporter de façon aussi précise que possible la harde dont il a connaissance.

Le valet de limier peut apercevoir des animaux par corps, généralement debout. Le rapport sera moins sûr, car un cerf sur pied risque de vider l'enceinte avant l'attaque.

Un cerf rembuché à l'aube dans une enceinte y restera souvent la matinée durant; à midi, on aura des chances de le trouver à la reposée et de l'attaquer. Mais il n'en est pas toujours ainsi. Il peut avoir été dérangé par des bûcherons ou des chasseurs à tir; au moment du rut, les cerfs sont anxieux, mobiles, voyagent; de vieux cerfs, séjournant d'ordinaire dans les boqueteaux, apparaissent en domaniale; on les appelle des cerfs pèlerins. A d'autres époques, les cerfs recherchent la compagnie et se groupent en hardes nombreuses; certaines enceintes seront désertes, d'autres surpeuplées.

La quête au bois est facilitée par un bon revoir, une bonne voie, de bonnes portées ; elle est difficile quand la voie est mauvaise, délavée, ou par temps de gel.

Le recueil des fumées (excréments) joue un rôle pour parfaire la connaissance du cerf, et les traités anciens décrivent avec complaisance des fumées en troches, en plateaux, en bouzards, en chapelets, ridées, entées, etc. Cet indice est recommandé, mais les valets de limier, d'ordinaire, n'ont pas le temps de prendre un contre prolongé pour rechercher des fumées.

Nous venons de résumer à l'extrême le travail du valet de limier.

Les trophées du cerf sont:

1-  Son massacre;
2- Son antérieur droit, objet des honneurs;
3-   Ses crochets, ou crocs. S'ils sont beaux et bien tachés, le premier piqueur peut les enlever et les nettoyer pour les mettre dans sa collection; il peut en céder contre une rémunération bénévole. La paire de crocs noués et montés en broche constitue l'épingle classique du veneur, avec laquelle il tient sa cravate de chasse,
4-  Pour mémoire, la nappe du cerf : en plein hiver, si la fourrure est forte, elle peut être retenue et tannée, pour constituer un tapis de selle, une couverture d'automobile, une descente de lit, etc. Choisir une nappe qui n'a pas été percée par des coups de dague ni par une balle.

           andouiller : branche d'un bois

 

biche : nom donné à la femelle adulte

 

bichette : femelle de un an à deux ans

 

bizarde : se dit d'une tête anormale dont les bois sont déformés

 

brame : cri du mâle durant le rut et par extension nom de la période de reproduction

 

bréhaigne : se dit d'une femelle qui ne peut plus reproduire

 

cerf : nom donné à la fois au mâle et à l'espèce elle-même

 

coulées : passages empruntés par de nombreuses espèces d'ongulés, sortes de chemins naturels

 

crochet : canine de la mâchoire supérieure des animaux, parfois absente chez la femelle

 

daguet : mâle d'un à deux ans

 

daintiers : nom des testicules du cerf

 

dépouiller : le cerf se dépouille lorsqu'il se débarrasse de ses velours

 

empaumure : ensemble de pointes terminales du bois, au nombre minimum de trois et présentant un aspect palmé

 

enfourchure : se dit de deux pointes terminales du bois ayant un aspect de fourche

 

faon : jeune, jusqu'à environ 6 mois pour le mâle et de moins d'un an pour la femelle

 

fumées : crottes du cerf

 

frottis : frottement des bois sur des branches ou des jeunes arbres pour marquer le territoire ou dépouiller les bois de leurs velours

 

gouttière : rainures le long des bois correspondant aux passages des vaisseaux sanguins lors de la repousse

 

hère : mâle de six mois à un an

 

irrégulier : se dit d'un trophée qui n'a pas le même nombre de pointes sur chaque bois

 

meneuse : se dit d'une biche chef de harde

 

mue : changement de poil, au printemps et à l'automne mais aussi chute de bois

 

mulet : se dit d'un cerf qui vient de perdre ses bois

 

muser : le cerf muse lorsqu'il recherche l'odeur des femelles en retroussant la lèvre supérieure

 

oestrus : se dit d'une femelle en ovulation

 

page : jeune cerf qui accompagne un cerf âgé

 

pèlerin : se dit d'un cerf dé cantonné

 

pas : distance séparant deux empreintes du même pied

 

perlures : grains sur les bois

 

pivot : protubérance de l'os du crane servant de support aux bois

 

raire : cri du cerf appelé aussi brame

 

ravaler : le mâle ravale lorsque avec l'âge ses bois diminuent

 

refaits : désigne les bois recouverts par le velours

 

renflements : début de pousse de bois sur le front des hères

 

reposées ou couchettes : le sol est le plus souvent gratté et dénudé auparavant

 

ronds de sables : espaces secs, souvent en pente, très piétiné par les animaux qui y « jouent »

 

royal : se dit d'un cerf portant au moins 10 cors, à empaumures

 

souilles : cuvettes en milieu humide dans lesquelles les animaux se vautrent

 

suitée : se dit d'une femelle accompagnée de son faon

 

velours : peau recouvrant les bois lors de la repousse

 

viander : se dit d'un animal en train de manger

 

volcelest : empreinte au sol du pied de l'animal

 

bouton.gif